J’ai longtemps cru qu’après des années à entreprendre, diriger, former ou accompagner, les choses devenaient naturellement plus simples. Mais j’ai fini par comprendre une chose essentielle : l’expérience ne protège pas de l’erreur, elle protège seulement de l’illusion de tout savoir.
Jeune dirigeant, j’étais souvent empli de certitudes. Je voulais convaincre, démontrer, apporter des réponses. Avec le temps, les réussites comme les échecs m’ont appris que les plus belles avancées naissent rarement de celui qui prétend tout savoir. Elles naissent de celui qui continue à apprendre.
J’ai rencontré des ouvriers capables de transmettre une leçon de management en quelques mots, des sportifs qui comprenaient mieux la cohésion d’équipe que certains cadres dirigeants, et des entrepreneurs qui avaient perdu une entreprise mais conservé l’essentiel : leur capacité à recommencer. À l’inverse, j’ai parfois rencontré des personnes bardées de diplômes qui avaient oublié la posture la plus importante : celle de l’apprenti.
Nous vivons dans une époque où chacun cherche à être reconnu comme expert. Pourtant, les femmes et les hommes qui m’inspirent le plus sont souvent ceux qui conservent une forme d’humilité devant la vie. Ils savent que chaque rencontre, chaque projet et chaque difficulté peut encore leur apprendre quelque chose.
Au fond, entreprendre n’est peut-être pas seulement créer une entreprise. C’est accepter de se transformer au contact de ce que l’on construit. Et vous, quelle est la plus grande leçon que l’expérience vous a apprise ?

